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Anticlimax

(...)Selma Alaoui traite cette orgie d'horreur et de sauvagerie avec une distance efficace, loin de tout réalisme, mais avec un humour froid - d'autant plus glaçant. Mais ce qui fait la saveur de la pièce, c'est avant tout la plume organique de cet auteur qui dit "utiliser la langue comme un sculpteur, qu'importe s'il s"agit d'or ou de crasse". Surenchère de pléonasmes, déformations verbales, structures lexicales, aussi excessive que les personnages. Une belle monstruosité!                                 

                                                                                                              Catherine Makereel, Le Soir, 4 octobre 2007

 

Un spectacle décadent, un texte-choc, offert pour sa première mise en scène par la jeune Selma Alaoui, férocement inspirée. (...) Certes, nous sommes dans une folie, grasse, assumée mais lumineuse où le quotidien se marie à des envolées métaphysiques. Sur scène, un travail impressionnant, sans fausses notes, par une équipe, pour la plupart, à peine sortie de l'Insas. Un salon minimal "seventies", aux murs difformes, des costumes "populo", une gestuelle précise, des créations sonores et lumières dicrètement grinçantes et cinq comédiens explosifs lancés en toute rage. Avec quelques scènes mémorables, Denis Laujol, Florence Minder et Baptiste Sornin ont un jeu exubérant et jouissif qui très vite se communique aux spectateurs. Et Yoann Blanc en "interventionniste", Emilie Masquet, en petite Marie, "déchirent" la scène.

                                                                                                           Nurten Aka, La Libre Belgique, 4 octobre 2007

 

 

« Anticlimax » de l’Autrichien Werner Schwab nous plonge dans une famille totalement tarée, rongée de l’intérieur et pourtant ce spectacle « trash » est souvent drôle, d’un rire grinçant. Un père ivrogne et incestueux, une mère maniaque de l’astiquage, un fils obsédé de la branlette et une fille, la petite Marie qui subit et transcende tous ces délires. Ajoutez une langue crue, parfois scatologique. Et pourtant, cette pièce est fascinante, à la fois très concrète- brassant des fantasmes délirants- et métaphysique, nous obligeant à regarder en face l’absurdité de notre vie.
On est donc agréablement surpris de voir son dernier texte, « Anticlimax », jamais joué en Belgique, à ma connaissance,  présenté par une jeune metteuse en scène de 27 ans, Selma Alaoui, avec des  comédiens de sa génération, sortis de l’Insas l’an dernier. Le décor mi-réaliste,  mi-fantastique de Sophie Carlier favorise le développement d’un délire verbal fascinant, parfaitement maîtrisé par cinq jeunes comédiens craquants, avec mention spéciale à Emilie Maquest, émouvante petite Marie et à Yoann Blanc, drolatique dans trois  rôles de composition, le médecin, le policier et le curé. Enthousiasme donc pour ce texte fort et cette troupe jeune.
                                                                                Christian Jade, La Première, le 5 octobre 2007