loading

TETRALOGIE

TETRALOGIE

TETRALOGIE - PRESENTATION 

L’Eveil du Printemps de Frank Wedekind - dans la mise en scène de Armel Roussel - a été créé en mars 2018 au Centre Dramatique National de Normandie-Rouen (France) avant d’être joué au Vaba Lava-Tallinn (Estonie) et au Théâtre National Wallonie-Bruxelles (Belgique). Le spectacle a rencontré un grand succès dans les théâtres où il a été présenté et a été nominé parmi les 3 meilleurs spectacles de la saison par les Prix de la Critique Belge. - Trailer : https://m.youtube.com/watch?v=vImGZO0bY48
 
De cette création, naissent trois nouveaux projets - comme autant de ramifications post-Eveil - formant une tétralogie qui en porte le nom.
 
L’Eveil du Printemps dans sa forme originale traite de la naissance du désir sexuel chez les adolescents mais les affres de cette métamorphose amènent le texte vers des questions plus larges sur le monde, sur sa place dans le monde, sur l’identité, sur la pulsion, sur l’autorité, sur la famille, sur la morale, sur la religion et sur la mort, un des adolescents de la pièce se suicidant.
 
A sa création (1891), la pièce a été censurée et qualifiée « d’insensée cochonnerie ». Sa première version scénique, de Max Reinhardt en 1906, bien que tronquée de nombreuses scènes (de viol, d’avortement, de masturbation collective, d’homosexualité...), lui valu une nouvelle interdiction pour « pornographie » jusqu’en 1912.

L’Eveil du Printemps a effet fait couler beaucoup d’encre. Dès 1901, Freud y trouve le terreau et un écho à ses théories naissantes, Brecht fait de Wedekind « l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne », Lacan s’y intéresse en 1974… Chaque époque y amène son regard, son analyse, ses réactions.

Aujourd’hui, si nous ne vivons pas/plus dans l’Allemagne de Bismarck et que le rapport à la sexualité, à la morale, à l’éducation, ont sensiblement changé, que les nouvelles technologies sont passé par là, internet donnant un accès direct et illimité à la pornographie... la force de L’Eveil du Printemps provoque encore de multiples réactions et tabous… du moins dans une perspective occidentalo-européenne.

Une série de questions s’y dessinent : Quel Eveil du Printemps aurait écrit Wedekind aujourd’hui ? Pourquoi L’Eveil du Printemps provoque-t-elle encore tant de réactions choquées ? La pièce est-elle universelle ? Qu’est-ce qui fait scandale aujourd’hui ? Quels sont nos tabous indépassables, transtemporels et/ou transgénérationnels ? Comment ces tabous sont-ils vécus (ou non) dans différents coins du globe, dans différentes cultures ? A quoi servent ces tabous ? A quoi sert l’interdit ? De quoi a-t-on honte ? Où ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui, dans la mise en scène de Armel, fait que le spectacle peut être joué ou non à tel ou tel endroit de la terre ? Vivons-nous vraiment dans une société plus permissive qu’en 1891 ? ...
 
Si en 2018, c’était la quatrième fois que Armel Roussel revenait sur ce texte[1], à partir de ces questionnements, il souhaite poursuivre sa recherche autour du texte et de ses thématiques avec trois nouveaux projets.
____________________________________________
 
1er VOLET
L'EVEIL DU PRINTEMPS - Spectacle original
(Création mars 2018)
 
   
____________________________________________
 
2ème VOLET 
LONG LIVE THE LIFE, THAT BURNS THE CHEST 
(Création septembre 2019)
Vaba Lava Performing Arts Center - Tallinn/Estonia
  
 
Un projet de Jarmo Reha et Armel Roussel
Devant la scène : Armel Roussel.
Sur scène : Jarmo Reha.
Création Films : Julien Stroinovsky.
Création sonore et musicale : Liis Ring.
Création lumière et coordination technique : Nicolas Marty. 
Chorégraphie : Mercedes Dassy.
Avec la participation, au Japon, de Kazuki Kushiro, Sojin Lee, Honoh Horikawa, Kei Namba, Conatsu Yoshida, au Sénégal, de Insa Bodian, Fatou Hane, Moustapha Olhiam et en Inde, de Anjana Balaji, G. Mani Bharathi, Priyadarshini Chakravarty, Abinaya Ganeshan, Rathinavel M, Nataraj, David Salamon, Vasanth Selvam, Dharanidharan U, Koumarane Valavane.
Chargée de production : Gabrielle Dailly.
 
Un projet de [E]UTOPIA en coproduction avec Vaba Lava Performing Art Center (Tallinn/Estonie) et Le Théâtre Les Tanneurs (Bruxellles/Belgique). Avec la participation du Festival Ardanthé - Théâtre de Vanves (France), du Monodrama Festival (Luxembourg), du Tarmac des Auteurs - Kinshasa (Congo), des Studios Sine Saloum (Sénégal), du Théâtre Indianostrum - Pondichery (Inde), des Instituts Français de Paris et Tokyo et de l'Alliance française de Koalack (Sénégal). 
 
« Au départ, j’avais en tête un projet qui fait suite à l’Eveil du Printemps et qui porte le nom de travail Eveil 2.0. J’avais le sentiment qu’il n’y avait pas grand-chose à changer de la pièce dans tout ce qui est de l’ordre de la pulsion mais que la contextualisation (politique, religieuse, sociétale, technologique, morale...) avait bien changé et apportait de nouveaux paramètres.
Ensuite, je me suis posé la question de savoir comment on pouvait monter cette pièce, l’Eveil du Printemps, dans différents coins du globe ? Qu’elle en serait la version japonaise, la version congolaise, la version indienne, la version syrienne, la version brésilienne, la version inuit etc... La contextualisation, la culture dans laquelle l’Eveil du Printemps pourrait s’ancrer lui donne des prismes qui en modifient sensiblement l’approche.

Après la présentation de l’Eveil du Printemps en Estonie, Vaba Lava (Tallinn) m’a fait la proposition de venir créer un spectacle avec des acteurs estoniens.
 
J’ai directement pensé à Jarmo Reha. Jarmo a 27 ans, il est sorti de l’école de Tallinn il y a 4 ans et depuis lors il a essentiellement travaillé avec No99. Il a également joué dans plusieurs autres productions et fait également du cinéma. Il a quitté No99 il y a peu pour rester libre. Il est à la fois jeune et mature et complexe et terriblement d’aujourd’hui dans sa vision politique, ses aspirations, son mode de vie, sa sexualité, sa spiritualité, son rapport à la vie. Il est beau, brut, entier et vivant.
 
En échangeant avec lui, cela a créé chez moi une motivation singulière qui est l’acteur en lui-même. J’ai alors eu envie de concilier mon projet Eveil 2.0 et la spécificité de ce qui nous réunissait Jarmo et moi, d’autant qu’emmener la distribution entière de l’Eveil du Printemps aux quatre coins du globes semblait intenable budgétairement et logistiquement.

Je me dirige donc vers un solo en anglais - qui comme langue internationale m’intéresse vis à vis de la démarche du projet. Celui-ci devrait fonctionner sur plusieurs niveaux :
-        niveau « documentaire » sur l’Eveil du Printemps vu d’ailleurs,
-        niveau « documentaire » sur Jarmo lui-même et,
-        niveau de pure création qui sera l’émanation consciente et inconsciente des pulsions et des émotions qui nous réunissent ou qui vont nous traverser.
Je peux dire que ce solo sera du théâtre performatif mais c’est déjà ranger dans une case un objet que j’espère plus inclassable et libre.

Ainsi est né « Long live the life, that burns the chest », en version originale « Elagu elu, mis pöletab rinda » qui est un titre issu d’un poème estonien de Gustav Suits.
 
Il y sera question d’Art, de sexe, de mort, de désir, de tabou et d’amour.
Il travaillera sur la limite. De ce qu’on peut faire ou dire en scène. 
Il sera romantique, choquant, érotique, fantasmatique et documentaire.

Ce presque solo (il y aura possiblement un guest à chaque représentation) sera un spectacle en soi et sera donc disponible en tournée en tant que tel. Nous nous dirigeons vers un spectacle très dépouillé esthétiquement, un corps dans un grand espace vide, avec juste un écran, des lumières et du son très travaillés. Mais cette simplicité de forme n’est là que pour donner à l’acteur la possibilité de livrer sa pleine puissance et sa totale fantaisie.
 
PROCESSUS DE TRAVAIL et PARTENAIRES

Ainsi s’est élaboré un solo qui va se répéter sur la durée et qui connaîtra des phases évolutives. De janvier à avril 2019 auront lieu les phases de répétition et de workshop avec Bruxelles comme base de répétition et 3 workshops principaux en janvier à Tokyo au JAPON, en février à Koalack au SENEGAL et en mars à Pondichery en INDE. 
Chacun de ces workshops sera organisé sur une dizaine de jours et réunira Jarmo Reha, Armel Roussel et un réalisateur, Julien Stroinovsky, ainsi qu’un dramaturge et au minimum deux jeunes acteurs du pays accueillant.

Les workshops seront basés sur les questions sus-mentionées autour et d’après L’Eveil du Printemps. Le travail donnera lieu à une matière filmée qui intègrera le spectacle Long live the life that burns the chest.

Long Live the Life that burns the chest sera présenté en étape de travail lors du festival Ardanthé à Vanves le 30 mars 2019, au Vaba Lava art center à Tallinn (Estonie) le 9 avril 2019 et au festival Monodrama au Luxembourg le 11 juin 2019. Il connaîtra sa première officielle le 11 septembre 2019 au Vaba Lava art center où il sera joué ensuite les 12, 13, 29 et 30 septembre 2019 puis il connaîtra une série de représentations du 5 au 9 novembre 2019 au Théâtre les Tanneurs (Bruxelles) et en tournée dans les pays baltes.

Les workshops eux s’organisent avec des structures accueillantes. Celui au Japon s’organise avec l’Institut français de Tokyo. Celui de Kinshasa s’organise avec Le Tarmac des Auteurs/Kinshasa qui nous donne un espace de travail, organise notre venue, nous loge et nous nourrit et collabore au choix des acteurs. Le dramaturge associé est Sinzo Aanza. Celui de Pondicherry en Inde s’organise en collaboration avec le théâtre Indianostrum et le dramaturge associé est Koumarane Valavane.

C’est donc un travail passionnant et de longue haleine qui nous attend.
Nous donner du temps, prendre le temps, nous offrir du temps, vivre le temps, nous payer du temps, profiter du temps.
 
Creuser en nous et dans le monde.
 
Nous enverrons à fur et à mesure du travail des « cartes postales video » qui serviront de matériel de communication.
Par ailleurs, « Long live the life, that burns the chest » sera accompagné d’une exposition où il sera possible pour les spectateurs de prolonger l’expérience du spectacle en regardant et écoutant les interviews des différents participants que nous allons rencontrer dans les pays où nous allons aller en résidence.
____________________________________________
 
3ème VOLET 
ETHER / AFTER (titre de travail)  
(Work in progress novembre 2019)
(Création novembre 2020)
Théâtre les Tanneurs - Bruxelles/Belgique
 
 
 
A ce jour, Ether / After réunit la distribution artistique et technique : Tom Adjibi, Habib Ben Tanfous, G. Mani Bharathi, Romain Cinter, Clémentine Coutant, Thomas Dubot, Amélie Géhin, Pierre Gervais, Pierre-Alexandre Lampert, Amandine Laval, Jarmo Reha, Lode Thiery, Uiko Watanabe,…
 
Long live the life that burns the chest et Ether / After sont des projets de [E]UTOPIA/Armel Roussel en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs (Bruxelles), le Vaba Tallinn Art Center (Tallinn) et la COOP asbl & Shelter Prod. Avec le soutien du Centre des Arts Scéniques, d’ING et du tax shelter du gouvernement fédéral de Belgique. Avec le partenariat du Théâtre de Vanves (France), du Monodrama Festival (Luxembourg), du Tarmac des Auteurs de Kinshasa (Congo), des Studios Sine Saloum (Sénégal), du théâtre Indianostrum de Pondichery (Inde), de Zones théâtrales (Canada), des Instituts Français de Paris et Tokyo et de l'Alliance Française de Koalack.
 
Ce troisième spectacle travaillera plus exclusivement sur Bruxelles et sur la jeunesse à Bruxelles / jeunesse européenne d’aujourd’hui.
Il sera basé sur des questions proches de celles exposées plus haut mais sur un autre mode de fonctionnement.
La distribution réunira une partie des acteurs de l’Eveil du Printemps et si les finances le permettent, l’invitation en scène des acteurs rencontrés dans les pays dans lesquels les workshops ont été effectués.
Le spectacle sera proposé au Théâtre les Tanneurs en work in progress à la suite de Long live the life that burns the chest en novembre 2019 et en création en novembre 2020. 

Lors des représentations de l’Eveil du Printemps au Théâtre National en mai 2018, beaucoup de jeunes ont assisté au spectacle. Les réactions étaient vives et marquées. 
De là, l’idée de collaborer et prolonger le rapport à l’œuvre avec des jeunes issus de différents milieux sociaux est née, de faire théâtre avec eux comme dramaturges et d’en tirer une création.
Nous avons donc lancé un travail d’enquête auprès de jeunes bruxellois tant sur leur rapport au rapport homme-femme, qu’au désir, à la mort, à la sexualité, à l’autorité qu’à l’Art et la notion de transgression.

Un deuxième pan de Ether / After sera lui plus fantasmatique et la directe émanation des acteurs de L’Eveil autour des questions et des réponses rencontrées.
 
L’Ether / After sera pensé comme une fête théâtrale, une célébration, une bombe dynamique comme les affectionne Armel dans certaines parties de ses créations ou expériences (Pop? ; Passez commande ; ...)
 
PROCESSUS DE TRAVAIL et PARTENAIRES
 
Ether / After - Bruxelles connaîtra une première phase de recherche en octobre 2019 pour être présenté en work in progress au Théâtre Les Tanneurs du 5 au 9 novembre 2019 avant d’être créé dans sa forme « définitive » en janvier 2021.
 
Une deuxième phase de travail est envisagée par la suite à Pondichery en mêlant les deux compagnies : celle de Armel Roussel : [E]UTOPIA et celle de Koumarane Valavane : Indianostrum pour arriver à Ether / After - Pondicherry.
____________________________________________
 
4ème VOLET 
PRINTEMPS/CONGO   
(Création juin 2020)
Kinshasa/Congo
 
 
Printemps/Congo est un projet de [E]UTOPIA/Armel Roussel en coproduction avec le Tarmac des Auteurs de Kinshasa (Congo), le Festival Ca se passe à Kin. Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International. Avec le partenariat de l’Institut Français de Kinshasa.
 
Lors de discussions avec Israel Tshipamba, directeur du Tarmac des Auteurs de Kinshasa et du festival Ca se passe à Kin, l’idée a germé de créer une version totalement ré-écrite et congolaise de L’Eveil du Printemps. Un Eveil intégral revu et corrigé en version kinoise. Commande a été passée à l’auteur Sinzo Aanza pour une création prévue en juin 2020 au Festival avec une distribution congolaise et dans une mise en scène de Armel.
 
Au jour de la rédaction de ce dossier, le projet vient de naître. Nous le compléterons au fur et à mesure de sa construction. Sinzo Aanza remettra sa ré-écriture pour juin 2019.
 
Sinzo Aanza est un jeune auteur congolais dont la pratique se tourne progressivement vers le champ de l’art contemporain. Sa plume, à la fois poétique et irrévérente, questionne la situation politique en République Démocratique du Congo, ainsi que l’image construite de ce pays qui « appartient aux investisseurs depuis toujours, étrangers de préférence ». L’exploitation des ressources naturelles, la représentation des identités nationales et les dérives de celles-ci, ou encore la construction de l’image du Congo depuis l’époque coloniale sont des thèmes qui nourrissent aussi bien ses œuvres visuelles que littéraires.
Son premier roman Généalogie d’une banalité (2015) aborde la richesse minière de RDC à travers un récit à la fois absurde et lucide. En 2017, Sinzo Aanza est en résidence au Centre d’art bruxellois Wiels, où il amorce l’installation Projet d’attentat contre l’image ? qui sera par la suite exposée à la Biennale de Lyon. Aux Rencontres de la photographie d’Arles 2018, il est présenté par la Galerie Imane Farès pour concourir au Nouveau Prix Découverte.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Armel Roussel avait d’abord travaillé sur l’Eveil du Printemps comme étudiant en 1991. Puis, il a été assistant à la mise en scène sur la version que Michel Dezoteux en a donné au théâtre Varia en 1993. Puis, il a dirigé une production au sein de l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) de Bruxelles en 2001. En 2018, c’est la première fois qu’il le montait professionnellement.